29 août 2009

SOUVENIRS D'ENFANCE

SOUVENIRS D'ENFANCE

Moi le Baromesnilois, passionné par l'histoire de mon village et ses habitants, je découvre une petite partie de l'histoire des Ducs d'ORLEANS, grace au Général ESTANCELIN un grand monarchiste et ami fidèle de la famille d'ORLEANS.

img819

(collection: DUCAPHIL)

Quand nous habitions au 33 Route du Tréport devant nos yeux, nous avions la vision d'un énorme mur en brique, qui longeait le parc du chateau d'Eu la route du Tréport et la Place du Vert-Bocage.

img821

(collection: DUCAPHIL)

Sur la gauche la maison du cordonnier Monsieur ?? ?? et la maison de la famille CHAMPION.

Et quand vers les années 60/70 le chateau deviendra la propriété de la ville d'Eu, le mur fut abattu et j'avais une vue imprenable sur le parc, mais à l'époque j'entendais parler que le chateau appartenais à une branche de la famille d'ORLEANS au Brésil.

img822

(collection: DUCAPHIL)

Et je viens de découvrir dans la revue LES AMYS du VIEIL EU-bulletin-1996, que m'a prêté Madame Marie-Paule DEVILLEPOIX, le récit passionnant de Gaston d'ORLEANS, et l'appartenance du chateau d'Eu au Brésil.

GASTON D'ORLEANS

35e COMTE D'EU

img858

(collection: DUCAPHIL)

Gaston d'Orleans, petit-fils du roi Louis-Philippe et fils ainé de Louis, duc de Nemours et de Victoire de Saxe-Cobourg et Gotha, fut le 35e Comte d'Eu. C'était le père de dom Pédro d'Alcantara et le grand-père de Madame, Comtesse de Paris. Il naquît au château de Neuilly sur Seine le 28 avril 1842.

img829

(collection: DUCAPHIL)

Portrait du Roi Louis-Philippe Ier exilé en Angleterre au château de CLAREMONT (1850)

Il n'avait pas encore 10 ans, lorsque la révolution de 1848 contraignit le roi Louis-Philippe et sa famille à quitter la France et à prendre résidence au château de Claremont, en Angleterre.

img860

(collection: DUCAPHIL)

L'éducation du Comte d'Eu commencée aux tuileries fut poursuivie Outre-Manche, sous la direction de Jules Gauthier. Ses études eurent pour base les programmes de l'Université de France et les compositions du Lycée Louis le Grand.

Il commença ses études scientifiques sous la direction de Banderali, ancien élève de l'école Polytechnique.Nommé Comte d'Eu par son grand-père, le roi Louis-Philippe et désireux de s'initier au métier des armes, il en trouva l'occasion lorsque la guerre entre l'Espagne et le Maroc éclata à la fin  de l'année 1869.

Par l'intermédiaire du duc de Montpensier, son Oncle, il demanda à la reine Isabelle de prendre part à cette guerre et il fut ainsi nommé sous-Lieutenant au régiment des hussards de la princesse et attaché à l'Etat-Major du Maréchal O'Donnell, Commandant en Chef de l'Armée Expéditionnaire.

Dés son arrivée en Afrique, il rejoignit l'armée en marche sur Tetuan et prit part au combat contre les Maures qui avaient attaqué une redoute espagnole. Un peu plus tard, le 11mars, l'armée espagnole poursuivant ses opérations entra en lutte avec de nouvelles forces marocaines à Samsa et afin de terminer l'affaire avant la nuit aprés six heures de combat, les Lieutenant-Colonels de Solis, de Magelis et le Comte d'Eu se mirent à la tête du Régiment de Navarre et enlevèrent cette position à la baîonnette.

Un des officiers qui prit part à cette attaque, écrivait que le Comte d'Eu servait particulièrement de cible, portant pelisse et képi blanc et monté sur un cheval blanc, le tout éclairé par le soleil couchant, brillait comme un point lumineux.

Il s'était déjà distingué aux combats du 31 janvier à Guad-el-Gelu où il arriva l'un des premiers avec le Quartier Général du Maréchal O'Donnell, sur les hauteurs de Sierra Berméja que l'ennemi défendait avec acharnement.

De retour en Espagne, il préféra l'étude au service relativement facile d'un régiment de cavalerie en temps de paix. Il demanda et obtint d'être admis à l'école d'Artillerie de Ségovie destinée à former des officiers à cette arme plus scientifique. Bien que déjà  Lieutenant de cavalerie et décoré, il y entra comme élève et en subit les examens de la base au sommet et devint successivement Sous-Lieutenant, puis Lieutenant d'artillerie, grade qui lui fut conféré en 1863.

Après cela, sur l'invitation de l'empereur du Brésil, le jeune Comte d'Eu alla faire un voyage dans ce pays et épousa à Rio de Janeiro, la princesse Isabelle, fille ainée de l'empereur  don Pédro II. Avant d'entreprendre un voyage  en Europe, il vint présenter sa femme à sa grand-mère, la reine MarieAmélie qui résidait alors en exil en Angleterre, au château de Claremont.

Pendant ce voyage, éclata la guerre entre le Paraguay et le Brésil déclenchée sans aucun motif, et sans aucune déclaration de guerre. L'Empereur don Pédro II se mit à la tête des premières forces qui furent rassemblée et partit avec son second gendre, le prince Auguste de Saxe-Cobourg.

A peine débarqué à Rio, Gaston d'Orléans rejoignit l'armée brésilienne et le Q.G. de l'empereur son beau-père, devant la ville d'Uruguayana qui bientôt fut conquise par les brésilliens. L'armée Uruguayenne ayant été entièrement repoussée des terres Brésiliennes, l'empereur dut regagner Rio, la constitution ne lui permettant pas de sortir des limites de l'empire. Il ne le permit pas non plus à ses gendres qui durent également regagner Rio.

Après de faibles résultats, le général MITTRE fut remplacé à la tête de l'armée par le Maréchal, duc de Caxias dont les résultats furent illusoires, car le président Uruguayen Lopez avait réussi à reconstituer son armée. Après de nombreuses demandes pour rejoindre les troupes en opération, le Comte d'Eu fut désigné comme Général en Chef de l'armée Brésilienne sur le territoire Uruguayien. Mais les choses avaient changé depuis son départ et tout était à réorganiser.

Malgré cela, six mois à peine après sa prise de fonction, le 2 août 1869, Gaston d'Orléans se mit en marche avec une armée de 18.000 hommes divisée en deux corps. Son objectif était de tourner les positions d'Ascurra où Lopez avait érigé un véritable camp retranché réputé inexpugnable mais Ascurra fut évacué sans coup férir et l'armée Brésilienne continua sa marche à travers le pays coupé de montagnes et de forêts. L'armée arriva le 11 août devant Peribebuy dont Lopez avait fait sa nouvelle capitale et qu'il avait entourée de retranchement sévères. L'attaque fut entreprise par trois colones d'assaut et le Comte d'Eu en commandait une.

N'écoutant que son courage, il entra l'un des premiers dans les lignes ennemis aux acclamations de l'armée. Deux lieutenants du prince qui commandaient les deux autres colonnes avaient été l'un tué l'autre blessé sévèrement.

Lopez cependant avait réussi encore à s'échapper, mais le Comte d'Eu le poursuivit et l'atteignit à Nhu-Guassu ou Praia Grande où la résistance fut vive et les combats acharnés.

Encore une fois, Lopez réussit à s'échapper et à pousser jusqu'à San Estanislao, à 5 km vers le nord.

Etant donnée la nature du pays désert qu'il traversait, le Comte d'Eu résolut de n'agir qu'avec une colonne légère plus facile à nourrir. Il disposait de petits détachements destinés à sillonner le pays, remontant les cours d'eau afin de profiter de la navigation de leurs rives. L'un de ces détachements surprit Lopez à Curuguady le 26 octobre et le mit en déroute.

Mais il s'échappa encore. Ces détachements obligés de rentrer au camp ne purent reprendre la poursuite qu'à fin novembre et le 28, la cavalerie rejoignait à Egatimy les débris de l'armée ennemie et la dispersa. La misère fut grande pendant cette période de persévérance obstinée.

img857

(collection: DUCAPHIL)

Enfin le 1er mars 1870, la cavalerie d'une des colonnes tomba à l'improviste sur le campement même de Lopez qui se défendit, mais, blessé d'un coup de feu et percé de la lance d'un brigadier de lanciers, sa mort mettait fin à la guerre que le Comte d'Eu alors âgé de 27ans avait réussi à terminer rapidement et glorieusement.

Il venait de montrer toutes les qualités d'un véritable homme de guerre et les alliés le comparaient aux plus grands Capitaines.

En 1869, il écrivait aux membres du gouvernement provisoire de l'Assomption pour leur recommander les esclaves qui étaient venus lui demander leur liberté.

Le Comte d'Eu ne quitta le Paraguay qu'au mois d'avril 1870 et son retour à Rio fut un véritable triomphe au cours duquel on remarqua des manifestations en faveur de l'abolition de l'esclavage, ce qui était, sans doute, encore un hommage pour le jeune vainqueur.

Au mois de septembre de la même année, Gaston d'Orléans fit un voyage en Angleterre. A peine état-il de retour au Brésil que l'empereur don Pédro II s'embarqua pour visiter l'Europe. Il laissait pour gouverner l'empire sa fille, la Comtesse d'Eu et se fut pendant la régence de cette princesse que fut présentée aux chambres Brésiliennes la loi sur l'émancipation des esclaves qui venait d'être votée deux mois auparavant à une écrasante majorité.

Il n'est pas douteux que les sentiments biens connus du Comte d'Eu n'aient hâté ce mouvement de l'opinion. On peut dire qu'il a été le précurseur de cette bonne nouvelle, ce qui ne fut pas le moindre de ses titres de gloire.

Gaston d'Orléans finit ses jours subitement, en 1922, sur le paquebot qui le conduisait de France au Brésil. Sa santé ayant déjà donné quel-qu'inqiétude à son départ, il était accompagné d'une soeur de bon-secours, Soeur Fidéline, dont tous les anciens Eudois ont encore en mémoire la silhouette omniprésente et l'infatigable dévouement. Ainsi se trouvait interrompue la longue lignée des Comtes d'Eu commencée sous Richard I, petit fils de Rollon, en 996 et que seul un duc d'Essex, nommé par le roi d'Angleterre pendant la guerre de cent ans, avait momentanément brisée.

(source: Extrait et adapté par les Amys du Vieil Eu de l'ouvrage de Jules Janin "Panthéon des Illustrations françaises au XIXe siècle." Abel Pilon Ed. Paris.)

Posté par DUCAPHIL à 08:25 - - Commentaires [1] - Permalien [#]